Contraception masculine : où en sommes-nous ?

Malgré les avancées dans le domaine et la multiplication des moyens mis à dispositions des personnes sexuellement actives, la gestion de la contraception demeure aujourd’hui principalement féminine, même si les classiques capotes se sont largement démocratisées. Ce n’est pas pour autant que les chercheurs ont cessé d’essayer de développer un moyen de contraception à destination des hommes, dans cette quête de la joyeuse partie de jambes en l’air sans procréation. Les préservatifs étant principalement utilisés dans un rôle de protection des MST (maladies sexuellement transmissibles).

Jusque-là, les tentatives (cocktails d’hormones, usage des plantes) pour découvrir le moyen de produire une contraception masculine sans effets secondaires gênants n’ont pas eu les résultats escomptés : efficacité limitée, irréversibilité de la contraception, perte de libido, voire toxicité… Le fait que la spermatogenèse soit un processus continu (à la différence du cycle ovulatoire) rend la manœuvre délicate. Par ailleurs, les testicules, produisant à la fois les spermatozoïdes et les hormones développant les caractéristiques mâles, ne permettent pas de cibler facilement l’un sans bousculer l’autre.

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Pourtant, nos amis les chercheurs, loin de se laisser abattre devant les obstacles (à vaincre sans périls, on triomphe sans gloire), ont retroussé leurs manches pour trouver une solution égalitaire à une question qui, après tout, concerne les deux sexes.

La revue scientifique Cell a dévoilé des avancées prometteuses. Une équipe de chercheurs américains, menée par Martin M. Matzuk (Baylor College of Medecine de Houston) et James E. Bradner (Dana-Farber Cancer Institute & Harvard Medical School à Boston) a procédé à une expérience concluante sur des rats. Ces derniers se sont vus administrer une molécule, la JQ1, inhibant une protéine essentielle de la fabrication des spermatozoïdes (la BRDT).

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Quels miracles merveilleux se sont-ils produits ? L’eau ne s’est pas changé en vin, mais il a été observé une diminution significative du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes, une réduction du volume des testicules et surtout une contraception efficace, réversible et sans effets sur la libido ou le taux de testostérones.

La communauté scientifique s’accorde sur le fait que ces résultats sont parfaitement encourageants pour un développement de cette méthode contraceptive. Il nous faudra encore être patients avant de savourer le plaisir d’une égalité de responsabilité en matière de contraception, mais ne boudons pas notre plaisir et saluons ce progrès considérable ! En attendant, la méthode la plus simple reste l’utilisation de préservatifs bien sûr !

Pour les courageux qui veulent lire l’article scientifique et en anglais, c’est ici.