En France, 7,5 millions d’actifs se disent affectés par la fatigue informationnelle, selon une enquête de la Fondation Jean-Jaurès publiée en décembre 2024. Ce chiffre grimpe à 42 % parmi les cadres. Derrière cette réalité, une question de fond : comment travailler efficacement sans s’épuiser, quand les sollicitations numériques ne s’arrêtent jamais ?
Un épuisement qui ne se voit pas toujours venir
Les chiffres du burn-out en France restent préoccupants. Selon le baromètre OpinionWay pour Empreinte Humaine, 2,5 millions d’actifs présentent un risque d’épuisement sévère, et les arrêts maladie liés au stress ont progressé de 23 %. Les femmes sont particulièrement exposées : 46 % d’entre elles seraient concernées par un état d’épuisement professionnel, d’après ces mêmes données.
Ce qui rend la situation plus complexe aujourd’hui, c’est que l’épuisement ne vient plus seulement de la charge de travail brute. Il vient aussi de la manière de travailler. Parmi les télétravailleurs interrogés dans le cadre de l’Observatoire de la santé au travail en 2024, 68 % déclarent être connectés plus de dix heures par jour, et 55 % estiment que leur charge mentale a augmenté depuis le passage au distanciel. Seulement 31 % des salariés estiment que leur entreprise respecte réellement leur temps personnel, selon un sondage Ifop de 2025.
Pour mieux gérer ce rapport au numérique, certains se tournent vers des outils dédiés. FocusMind en fait partie : conçue autour du deep work, de la cartographie des pics d’énergie et d’une logique anti-burnout, cette application propose notamment des sessions guidées et un tableau de bord pour visualiser la qualité de son attention au fil de la journée.
Pourquoi le cerveau peine autant à rester concentré ?
Une étude de l’Université de Californie a établi qu’après une interruption, il faut en moyenne 23 minutes et 15 secondes pour retrouver un niveau de concentration profonde. Et les interruptions sont fréquentes : les travailleurs du savoir consultent leurs outils de communication toutes les six minutes en moyenne, et passent près d’une heure quarante par jour sur leurs e-mails. Résultat, les interruptions fréquentes peuvent réduire jusqu’à 40 % le temps réellement productif, selon plusieurs sources spécialisées.
Le multitasking, souvent présenté comme une compétence, aggrave en réalité la situation. Le neuropsychologue Julien Vion (Neuropro Consulting) décrit ce mode de travail comme « très fatigant pour le cerveau », avec des effets négatifs mesurables sur la productivité et le bien-être. Enchaîner rapidement les sujets donne une impression d’activité, mais nuit à la profondeur du travail accompli.
Le deep work, une réponse concrète à la surcharge cognitive
Face à ce constat, des méthodes de travail structurées ont fait leurs preuves. Des études publiées dans le Journal of Applied Psychology montrent que des pauses régulières aident à maintenir un niveau élevé de performance cognitive. Des techniques comme le 52/17 (52 minutes de travail, 17 minutes de pause) ou les cycles de 90 minutes, inspirés des rythmes ultradiens, permettent à certains de rester concentrés plus longtemps que ne le propose le Pomodoro classique.
La tendance de fond confirme l’intérêt croissant pour ces approches. En France, le marché de la santé mentale numérique était estimé à 1,26 milliard de dollars en 2024, avec une croissance projetée de près de 18 % par an jusqu’en 2035. Des entreprises comme L’Oréal, Michelin ou BNP Paribas ont déjà lancé des programmes de formation à la gestion du temps numérique, et le droit à la déconnexion instauré en 2017 prend des formes de plus en plus concrètes dans certaines organisations.
Travailler mieux, pas forcément plus longtemps : c’est peut-être la leçon la plus utile que l’on puisse tirer de ces données. Préserver sa concentration, c’est aussi préserver sa santé.

