L’Organisation mondiale de la santé ne mâche pas ses mots : hors nécessité, les interventions médicales précoces au début du travail sont à limiter. Malgré tout, la quête de solutions naturelles pour soutenir la progression du travail gagne du terrain dans les maternités françaises. L’activité physique, en particulier la marche, revient sur le devant de la scène. Les études cliniques s’enchaînent, sans parvenir à un verdict unanime.
Longtemps rangée au rayon des conseils anodins, la marche pendant le travail attire désormais l’attention de plusieurs équipes de sages-femmes et de chercheurs. Les pratiques changent d’un établissement à l’autre, tout comme les attentes des femmes enceintes vis-à-vis des protocoles hospitaliers en vigueur.
Pourquoi l’ouverture du col est une étape clé dans le travail de l’accouchement
La dilatation du col de l’utérus marque l’entrée dans le vif du sujet. C’est la porte d’entrée incontournable : sans cette ouverture progressive, surveillée de près par les soignants, le bébé ne peut pas amorcer sa descente. Le col, verrou musculaire qui protège la grossesse, doit s’ouvrir jusqu’à dix centimètres pour livrer passage à la tête du nouveau-né. Ce processus, orchestré par des contractions régulières, reste unique à chaque femme : selon qu’il s’agisse d’un premier enfant (primipare) ou non (multipare), le rythme et la durée varient sans règle stricte. Au tout début, lors de la « phase de latence », le col commence à s’assouplir sous l’impulsion de l’oxytocine et des prostaglandines produites naturellement.
Pour y voir clair, l’équipe médicale évalue la maturité du col avec le score de Bishop, un outil qui aide à décider s’il faut envisager un déclenchement du travail. Si le col reste rigide ou peu ouvert, l’accouchement s’annonce plus long et complexe. Tout ne se joue pas sur la force des contractions : la qualité de la descente du bébé, la position du bassin et l’équilibre hormonal entrent aussi dans l’équation.
Voici les grandes étapes à retenir pour comprendre le rôle du col :
- Début du travail : contractions, transformation du col, surveillance attentive.
- Score de Bishop : évaluation clinique qui oriente les décisions médicales.
- Ouverture complète : passage obligé avant que le bébé ne voie le jour.
L’ouverture du col ne se résume pas à une question de centimètres : c’est l’un des enjeux majeurs pour garantir le bon déroulement de l’accouchement, là où se joue toute la dynamique du travail moderne.
Marcher en fin de grossesse : mythe ou véritable coup de pouce pour déclencher le travail ?
Dans les couloirs des maternités, le conseil revient souvent : marcher pour favoriser le travail de l’accouchement. Les générations de sages-femmes le transmettent, mais la science apporte-t-elle une réponse claire ?
Des études observationnelles dessinent une tendance : une activité physique modérée pourrait aider le travail à progresser. Bouger le bassin en marchant augmente la pression de la tête du bébé sur le col utérin. Ce contact stimulerait la production locale d’oxytocine, moteur des contractions et facteur d’ouverture du col.
Debout, le corps s’engage plus qu’allongé : le poids du bébé s’exerce sur le col, favorisant la descente. Pourtant, l’effet reste mesuré : aucune grande synthèse d’études n’a démontré que marcher réduit notablement la durée du travail. L’efficacité dépend de la parité et de la souplesse du col, chaque situation restant singulière.
Au-delà du mécanisme obstétrical, la marche offre d’autres bénéfices : meilleure gestion de la douleur, réduction du stress et sentiment de contrôle accru. Mais rien ne doit être forcé : la marche doit rester adaptée, interrompue à la moindre contre-indication médicale (rupture de la poche des eaux, complications maternelles ou fœtales).
Conseils pratiques pour bouger en toute sécurité et encourager la dilatation
Prendre l’air, oui, mais sans précipitation. Adoptez une activité physique douce : alternez marche dans le service et pauses régulières pour récupérer. Chaque mouvement du bassin agit comme un encouragement à la descente du bébé et à l’ouverture du col.
Pour varier les postures et accompagner l’ouverture, voici des options concrètes à explorer :
- La position accroupie, soutenue par un partenaire ou une chaise, accentue la pression sur le col : pratique lors des contractions, quelques instants à la fois.
- Le ballon de grossesse (Swiss Ball) aide à mobiliser le bassin et à soulager les lombaires. Des mouvements doux, circulaires ou d’avant en arrière, apportent du confort et favorisent la dilatation du col.
- La position à quatre pattes s’avère utile si la marche devient pénible. Elle allège la pression sur le périnée et peut influencer la position du bébé.
Restez attentive à vos sensations. Impliquez le partenaire, demandez l’avis de la sage-femme ou du personnel médical pour ajuster les positions à votre situation. Certaines salles de naissance proposent des lianes de suspension, idéales pour s’étirer, soulager le dos et varier les postures debout.
Alterner mouvements et phases de repos reste judicieux. La position allongée sur le côté offre une pause bienvenue lors des périodes de fatigue ou si le monitoring l’exige. Changer régulièrement de position soutient la progression du travail sans épuiser votre énergie.
Autres astuces naturelles à associer à la marche pour favoriser l’arrivée de bébé
Multiplier les approches peut aussi faire la différence pour stimuler le travail. Certaines femmes associent la marche à des solutions naturelles pour accompagner la maturation du col. La tisane de feuilles de framboisier revient souvent dans les échanges avec les sages-femmes. Elle n’entraîne pas de contractions mais renforcerait le tonus utérin, préparant ainsi le terrain à un travail efficace.
La stimulation des mamelons se distingue également : ce geste, tout simple, déclenche la sécrétion d’oxytocine, clé du déclenchement et du maintien des contractions. Il reste cependant préférable de demander conseil à un professionnel, surtout si un accouchement prématuré a déjà eu lieu.
D’autres misent sur l’alimentation : dattes en fin de grossesse, parfois même aliments épicés. Les études sont prudentes, mais les dattes pourraient favoriser la maturation du col et réduire la durée du travail, sans effet indésirable signalé.
Voici quelques pistes complémentaires à envisager :
- Rapports sexuels : le sperme contient des prostaglandines, qui participent à l’assouplissement du col. L’orgasme stimule la sécrétion d’ocytocine, utile pour les contractions.
- Acupuncture et relaxation : recommandées par certains praticiens, elles visent à réduire le stress, un frein bien connu à la progression du travail.
- Bain chaud ou massage prénatal : en aidant à relâcher les tensions, ils peuvent favoriser la descente du bébé dans le bassin.
La visualisation positive, parfois proposée par des professionnels, complète l’arsenal : elle aide à mieux gérer la douleur, à économiser ses forces et à traverser les contractions avec plus de confiance.
Rien n’est gravé dans le marbre : chaque naissance écrit sa propre histoire entre science, intuition et petits gestes du quotidien. La marche, les postures, les astuces, tout se joue dans l’écoute de soi et le dialogue avec les professionnels. Parfois, un simple pas dans le couloir peut devenir le vrai départ d’une aventure unique.


