Le DPC n’a pas fait irruption dans le paysage de la santé par hasard ou sur un simple effet de mode. Depuis 2009, ce dispositif s’est imposé dans le code de la santé publique, un peu comme une évidence pour tous ceux qui, chaque jour, œuvrent dans les coulisses du soin. Les pharmaciens, ces rouages discrets mais décisifs dans l’équilibre du système, n’ont jamais été mis de côté. Impossible d’ignorer leur rôle, aussi bien dans le conseil quotidien que dans l’élaboration des traitements. Le développement professionnel continu s’adresse à eux, sans détour ni exception.
Se former
Dans la plupart des métiers, la formation initiale ressemble souvent à un tremplin théorique, parfois trop éloigné de la réalité. Même lorsque des ateliers pratiques sont proposés, le secteur pharmaceutique peut se retrouver avec un apprentissage qui ne colle pas toujours à la complexité du terrain. C’est là que le DPC prend tout son sens. Ce parcours accompagne les professionnels à chaque étape de leur carrière, en les connectant sans cesse aux évolutions du métier et aux situations réelles. Cette actualisation permet de garantir un niveau de compétence adapté à chaque nouvelle exigence du terrain.
Le DPC pour pharmacien s’articule autour de deux axes majeurs :
- Maintenir et approfondir les connaissances, ainsi que toutes les compétences nécessaires en pharmacie,
- Faire évoluer les pratiques, en s’adaptant sans cesse aux nouveaux enjeux.
Ce second point marque une véritable avancée car les défis du secteur ne cessent de se renouveler. L’exemple de la pandémie de Covid-19 suffit à rappeler à quel point il faut pouvoir s’adapter vite, apprendre en continu, et être prêt à affronter l’imprévu. Le DPC, loin d’être un simple recyclage, devient un outil pour rester pertinent et efficace, peu importe la situation.
Évaluer et améliorer les pratiques
Le DPC réunit les professionnels de santé autour d’une même volonté : renforcer la prévention, anticiper les risques, améliorer la prise en charge. Dans cette optique, la participation active aux actions de DPC n’est pas négociable. Les pharmaciens, comme leurs collègues, doivent prouver leur engagement, notamment par le biais de l’Ordre des pharmaciens qui peut à tout moment leur demander d’attester leur implication dans ce dispositif.
Concrètement, cette démarche implique de tenir à jour un document de traçabilité. Ce dossier, loin d’être une formalité administrative, sert à garder une trace objective des actions menées. Il permet aussi à l’ensemble de la profession de suivre, d’analyser et d’améliorer collectivement les pratiques. Le DPC, ainsi, ne reste pas cantonné à l’individu : il nourrit une dynamique de groupe et participe à l’élévation du niveau de soin pour tous.
La gestion des risques
On ne badine pas avec la gestion des risques. Un mauvais calcul, une négligence, et les conséquences peuvent être dramatiques, parfois irréparables. Le DPC se place ici en véritable filet de sécurité. Il apporte des ressources concrètes pour anticiper et minimiser les risques, aussi bien lors de la délivrance de médicaments que dans le suivi des traitements.
Pour illustrer, un pharmacien formé grâce au DPC saura ajuster ses conseils sur les effets secondaires d’un nouveau médicament, anticiper les interactions, et accompagner le patient de façon plus personnalisée. Cette vigilance, renforcée par la formation continue, se traduit par une meilleure prévention mais aussi par une capacité à intervenir plus efficacement en cas de souci. Résultat : moins d’incidents, et des patients mieux protégés.
Le rôle de la formation DPC en général
Les pharmaciens ne travaillent pas en vase clos. Leur mission prend toute sa dimension lorsqu’ils collaborent avec d’autres acteurs du soin. C’est l’un des principes forts du DPC : encourager l’échange, le partage d’expérience, la coopération interprofessionnelle. Autour de la table, on retrouve médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, pédicures-podologues, sages-femmes, chacun avec sa spécificité, tous concernés par la formation continue.
La prévention des maladies ne se joue donc pas en solo, mais dans une dynamique collective où chaque compétence compte. Le DPC fédère, met en mouvement, fait progresser tout un écosystème. Pour le pharmacien, c’est la promesse de ne jamais stagner, et pour le patient, la garantie d’avoir face à lui un professionnel qui ne cesse de se remettre en question, d’apprendre, et de s’adapter. Un système vivant, où la routine n’a pas sa place.

